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Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) 2026: une aide au démarrage pour les entrepreneurs nettement moins généreuse

information fournie par Le Particulier 03/05/2026 à 08:00

En 2026, l’ACRE est maintenue mais son exonération de cotisations sociales passe de 50% à 25%, réduisant nettement le soutien financier aux nouveaux entrepreneurs. ( crédit photo : Getty Images )

En 2026, l’ACRE est maintenue mais son exonération de cotisations sociales passe de 50% à 25%, réduisant nettement le soutien financier aux nouveaux entrepreneurs. ( crédit photo : Getty Images )

Mauvaise nouvelle pour les créateurs et repreneurs d’entreprise. La réduction des avantages liés à l’ACRE est désormais gravée dans le marbre législatif, à la suite de l’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Sommaire:

  • Une aide maintenue, mais sérieusement réduite
  • Deux calendriers selon les profils
  • Délai imposé et fin de l’automaticité
  • Des montants à respecter

Une aide maintenue, mais sérieusement réduite

L’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) ne sera plus aussi généreuse qu’avant. Cette décision, entérinée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, était redoutée mais elle est désormais bien réelle. Pour rappel, l’ACRE permet de bénéficier d’un allègement partiel de cotisations sociales jusqu’à la fin du 3ᵉ trimestre civil suivant la date de début d’activité déclarée (ou d’immatriculation) de l’entreprise.

Concrètement, le taux d’exonération applicable au titre de l’ACRE est abaissé de 50% à 25%. Le principe reste donc le même, mais le niveau de soutien accordé aux nouveaux entrepreneurs est divisé par deux. Pour un créateur d’entreprise, cette hausse mécanique des prélèvements sociaux réduit la marge de manœuvre financière, souvent cruciale pour investir dans le matériel, la communication ou la constitution d’un stock de départ.

Deux calendriers selon les profils

Tous les entrepreneurs ne sont pas concernés au même moment. Pour les travailleurs non-salariés relevant du régime classique, la baisse s’applique aux créations et reprises d’entreprise intervenant à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Cela concerne notamment les entrepreneurs individuels ou certains dirigeants affiliés au statut des indépendants.

Pour les micro-entrepreneurs, le nouveau régime ne s’applique qu’à partir du 1ᵉʳ juillet 2026. Jusqu’à cette date, les créations d’activité restent soumises aux anciennes règles. Ce décalage crée un effet de seuil assez net: selon la date de lancement du projet, le niveau d’aide accordé ne sera pas le même. Autrement dit, à statut identique, quelques semaines d’écart peuvent avoir un impact concret sur le coût social des premiers mois d’activité.

Délai imposé et fin de l’automaticité

La loi de financement de la Sécurité sociale durcit également les conditions d’obtention. Si auparavant seuls les micro-entrepreneurs étaient obligés d’en faire la demande, désormais tous les indépendants y sont soumis. De plus, cette demande doit intervenir dans un délai maximum de 60 jours à compter de la date de début d’activité telle que déclarée via le Guichet unique. Après ce délai, il sera trop tard. Si l’URSSAF ne répond pas dans le délai imparti, l’ACRE est considérée comme accordée tacitement.

Des montants à respecter

L’exonération de 25% ne s’applique pleinement que si le revenu net professionnel du dirigeant reste inférieur à 75% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Si le revenu professionnel est compris entre 75% et 100% du PASS, c’est-à-dire entre 36.045 euros et 48.060 euros, l’exonération n’est alors plus de 25% mais devient dégressive. Si le revenu professionnel atteint ou dépasse le PASS, soit 48.060 euros, l’exonération n’est pas applicable.

Dans un contexte budgétaire tendu, l’ACRE est donc en partie «sacrifiée» afin que l’État puisse tenir son objectif de déficit public de 5% du PIB. Rappelons que cette aide a déjà subi plusieurs dégressivités par le passé, passant par exemple de trois ans à une seule année. Son coût pour les finances publiques, significatif sur la décennie écoulée, avait déjà été pointé du doigt par la Cour des comptes dans un rapport publié en décembre dernier. La haute juridiction financière jugeait alors ce dispositif trop coûteux, avec un « manque à gagner » évalué à 408 millions d’euros en 2024. Elle le qualifiait également « d’instable », au point de proposer sa suppression. Selon le ministère du Travail et des Solidarités, 323.700 personnes bénéficiaient de l’ACRE à fin 2024.

Quelle différence entre ACRE et ARCE?

Malgré des acronymes proches, l’ACRE et l’ARCE ne désignent pas du tout la même aide. La confusion est fréquente, surtout au moment de lancer son activité.Si l’ACRE permet de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant le démarrage de l’activité, l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) a une vocation tout à fait différente. Versée par France Travail, il s’agit d’un versement en capital d’une partie des droits ARE (allocation chômage) restants. Le créateur reçoit 60% de ses droits restants sous forme de capital, versé en deux fois: 30% au démarrage, puis 30% six mois plus tard si l’entreprise est toujours active.Les deux dispositifs sont cumulables, mais il n’est pas possible de cumuler ACRE, ARCE et ARE simultanément.

2 commentaires
  • 09:09

    Macron a bon dos, ce n'est pas lui qui fait toutes les lois, il a autre chose à faire.


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